Ratcatcher : le dératiseur de Gotham devenu vilain, et sa version au cinéma

Ratcatcher : le dératiseur de Gotham devenu vilain, et sa version au cinéma

La réponse en bref

Ratcatcher, de son vrai nom Otis Flannegan, apparaît dans Detective Comics #585, en avril 1988, créé par Alan Grant et John Wagner au scénario et Norm Breyfogle au dessin. Ancien dératiseur du service d'assainissement de Gotham, il dresse les rats. Au cinéma, dans The Suicide Squad en 2021, le personnage mis en avant est Ratcatcher 2, créée pour le film.

Un métier municipal transformé en arme

La galerie de Gotham compte beaucoup de savants, de milliardaires et de psychopathes. Elle compte nettement moins d'employés municipaux. C'est pourtant de là que vient Otis Flannegan : il était dératiseur au service d'assainissement de la ville, c'est-à-dire chargé d'éliminer les nuisibles pour le compte de l'administration.

Le personnage apparaît dans Detective Comics #585, en avril 1988, créé par Alan Grant et John Wagner au scénario, Norm Breyfogle au dessin. La période est importante : elle correspond à un moment où les auteurs cherchent des adversaires ancrés dans le réel plutôt que dans le spectaculaire, loin des figures théâtrales héritées des décennies précédentes.

Cette origine professionnelle est ce qui le distingue. Là où la plupart des adversaires recensés dans le guide des ennemis de Batman basculent après un accident ou une obsession, Flannegan ne change pas de compétence : il change de camp en gardant exactement le même savoir-faire.

Cette logique d'adversaire ancre dans le quotidien n'est pas nouvelle dans la serie, elle est meme presente des l'origine. Le tout premier vilain affronte par le Chevalier Noir etait deja un homme ordinaire devoye par son savoir, et non une creature. Ce qui change dans les annees qui precedent cette creation, c'est que ce registre redevient dominant apres des decennies de figures excentriques.

Le vrai nom

Otis Flannegan, dératiseur au service d'assainissement de Gotham.

La création

Detective Comics #585, en avril 1988.

Les auteurs

Alan Grant et John Wagner au scénario, Norm Breyfogle au dessin.

De l'employé au criminel : ce que raconte son parcours

La bascule tient à un fait de violence ordinaire. Flannegan tue un homme au couteau lors d'une rixe de rue, et il est condamné à dix ans au pénitencier d'État de Gotham. Il n'y a là ni complot, ni expérience ratée, ni vengeance héritée de l'enfance : juste une bagarre qui tourne mal.

Ce qui suit sa libération est beaucoup plus organisé. Il enlève les quatre responsables de son arrestation et les retient cinq ans dans les égouts de la ville. La durée dit tout du personnage : ce n'est pas un coup de sang, c'est une patience. Il n'a pas voulu les punir, il a voulu les garder.

Cette façon de transformer une rancune privée en projet de longue haleine le rapproche des adversaires que recense notre tour des ennemis les plus méconnus. Ils ne menacent pas la ville entière, ils poursuivent un compte personnel avec une obstination qui finit par devenir inquiétante.

Le personnage en repères

Première apparitionDetective Comics #585, avril 1988
ScénarioAlan Grant et John Wagner
DessinNorm Breyfogle
Ancien métierdératiseur du service d'assainissement
Condamnationdix ans au pénitencier d'État de Gotham
Séquestrationquatre hommes, retenus cinq ans
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Des rats, du gaz, et une arme de poing

Son arsenal tient en trois éléments, et aucun ne relève de la science-fiction. Il contrôle une armée de rats d'égout, il manie des gaz au cyanure, et il utilise un pistolet à gaz. Rien d'impossible, rien qui demande une explication tordue : des outils de professionnel détournés.

Le premier est évidemment le plus marquant. Un homme qui commande les rats dispose d'un réseau de renseignement et d'une capacité de nuisance dans toute une ville, sans jamais avoir à se montrer. C'est une menace diffuse, impossible à combattre frontalement, et qui exploite exactement ce qu'une métropole préfère ignorer.

Pour comprendre à quel point ce registre fonctionne à Gotham, il suffit de regarder ce que la ville est. Le guide des lieux de Gotham la décrit comme un organisme malade, avec ses sous-sols, ses canalisations et ses zones abandonnées. Un adversaire qui vit dans les égouts n'est pas un marginal : il occupe le véritable sous-sol du récit.

Ce rapport au sous-sol merite d'etre mis en regard du reste de la cartographie criminelle de la ville. Les institutions qui enferment les criminels sont a la surface et parfaitement visibles — la prison de Blackgate en est l'exemple le plus net — alors que ceux qui echappent durablement a la police vivent en dessous. La verticalite de Gotham n'est pas qu'un effet de style architectural : elle organise qui se fait prendre et qui ne se fait pas prendre.

1
Les rats Une armée d'égout, qui sert autant de renseignement que de menace.
2
Les gaz Des composés au cyanure, hérités d'un métier d'élimination des nuisibles.
3
Le pistolet à gaz Une arme de poing, sans technologie exotique.
4
Le terrain Les égouts de Gotham, où personne ne descend volontiers.

Attention à la confusion : le film ne parle pas de lui

C'est le point que la plupart des articles francophones ratent, et il mérite d'être posé clairement. Dans The Suicide Squad, sorti en 2021 et réalisé par James Gunn, le personnage mis en avant n'est pas Otis Flannegan. Il s'agit de Ratcatcher 2, de son vrai nom Cleo Cazo.

Ce personnage a été créé pour le film : il n'existait pas dans les comics avant. Elle est interprétée par Daniela Melchior, actrice portugaise née le 1er novembre 1996, pour qui il s'agit du premier film en anglais. Et le premier Ratcatcher, son père, est interprété par Taika Waititi.

La confusion est donc double, et elle explique beaucoup de contresens : le personnage du film porte le même nom mais n'est pas le même, et le personnage des comics apparaît à l'écran sous les traits d'un autre acteur, dans un rôle de père. L'histoire du Suicide Squad des comics au cinéma montre que ce genre d'écart est courant dans ces adaptations.

Cette habitude d'inventer des personnages pour l'ecran est d'ailleurs plus courante qu'on ne le croit dans cette franchise, et elle fonctionne dans les deux sens : des figures nees au cinema finissent parfois par rejoindre les comics. Le casting des adaptations du Suicide Squad donne une bonne idee de la liberte que prennent ces films par rapport au materiau d'origine.

Idées reçues

  • Le film adapterait Otis Flannegan. Non : le personnage central est Ratcatcher 2, Cleo Cazo, créée pour le film.
  • Ratcatcher 2 existerait dans les comics. Elle est une création originale du film de 2021.
  • Taika Waititi jouerait le rôle principal. Il interprète le premier Ratcatcher, le père de Cleo.
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Pourquoi une version féminine a mieux marché

Il y a une leçon d'adaptation dans ce choix, et elle dépasse le personnage. Otis Flannegan est un adversaire, c'est-à-dire quelqu'un dont le rôle est de s'opposer. Cleo Cazo est un membre de l'équipe, c'est-à-dire quelqu'un dont le rôle est d'émouvoir. Les deux ne peuvent pas être écrits de la même façon.

Un film d'équipe a besoin d'un point d'ancrage affectif, surtout quand le reste du casting joue sur l'excès. En transmettant le pouvoir du père à la fille, le scénario garde le concept — le contrôle des rats — tout en changeant complètement sa charge émotionnelle. Le même gadget devient tendre au lieu d'être répugnant.

Le procédé rappelle ce qui est arrivé à d'autres figures secondaires passées à l'écran. Harley Quinn en est l'exemple le plus célèbre : un personnage d'appoint devenu central parce qu'une adaptation lui a trouvé une fonction que les comics ne lui donnaient pas.

Ce deplacement du pere vers la fille a aussi une vertu narrative que le film exploite jusqu'au bout : il transforme un pouvoir repoussant en heritage. Transmettre le controle des rats, c'est transmettre une histoire familiale, et le spectateur accepte alors ce qu'il aurait rejete chez un criminel isole. La meme mecanique de transmission se retrouve ailleurs dans cet univers, notamment du cote des allies : la succession des Robin repose exactement sur ce principe.

Le point clé

Le film ne garde du personnage que son pouvoir. Tout le reste — l'âge, le sexe, le camp, la fonction narrative — est nouveau.

Sa place dans la galerie de Gotham

Il faut être honnête sur son statut : Ratcatcher n'est pas un adversaire de premier rang, et il ne l'a jamais été. Il appartient à cette couche intermédiaire de criminels que les scénaristes ressortent quand ils veulent une menace crédible sans mobiliser une figure majeure.

Cette couche est pourtant essentielle à l'équilibre du récit. Une ville où chaque affaire impliquerait un ennemi légendaire deviendrait invraisemblable, et le héros perdrait sa fonction d'enquêteur. Des personnages comme Victor Zsasz ou Professor Milo remplissent le même rôle : ils donnent du volume à la ville.

Il faut aussi noter que ce statut secondaire n'est pas une condamnation définitive. Le cas de Kite Man le prouve : un personnage marginal pendant des décennies peut devenir une vedette dès qu'un auteur ou un studio lui trouve le bon angle. C'est exactement ce que le cinéma vient de faire ici, à sa manière.

Il y a enfin une raison economique a l'existence de cette couche intermediaire. Les figures majeures sont exploitees en permanence par le cinema, les series et les jeux, ce qui contraint les auteurs de comics a composer avec des personnages indisponibles ou verrouilles. Les seconds roles, eux, restent libres : on peut les blesser, les faire evoluer, voire les faire disparaitre sans qu'un studio s'en emeuve. Cette liberte explique une partie de leur longevite.

En clair

Les adversaires de second rang ne sont pas des ratés : ils sont ce qui rend une ville habitable pour un récit d'enquête.

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Par où le découvrir

Pour la version des comics, le repère est simple : Detective Comics #585, en avril 1988. C'est l'apparition d'origine, et elle contient déjà l'essentiel du personnage — le métier, le pouvoir, la rancune. Pour situer cette période, la chronologie des comics par ère donne les repères.

Pour la version du cinéma, il s'agit de The Suicide Squad, sorti en 2021. Les deux versions ne racontent pas la même histoire et ne partagent qu'un concept. Les regarder comme un enchaînement serait une erreur ; les regarder comme deux usages d'une même idée est beaucoup plus instructif.

Enfin, pour replacer tout ce monde dans l'ensemble, le panorama des personnages de l'univers Batman sert de carte. On y mesure combien cette galerie dépasse les quelques noms connus du grand public, et combien de figures attendent encore leur tour.

Une remarque pour les lecteurs francophones : ce personnage souffre d'un probleme de nom. En francais, on le croise tantot sous son nom anglais, tantot traduit, ce qui complique les recherches et disperse les sources. Le reflexe le plus sur est de partir du nom civil, Otis Flannegan, qui ne varie pas d'une edition a l'autre et qui mene directement au bon personnage sans passer par la confusion avec la version du film.

Le bon ordre

Les comics pour l'origine, le film pour l'adaptation — et surtout, ne pas chercher à les faire coïncider.

Prolonger l'univers chez soi

Les vilains tiennent une place à part dans une collection : ils sont plus colorés, plus variés de silhouette, et ils donnent un rayon plus vivant qu'une rangée de héros. Les figurines Joker et les figurines Harley Quinn forment la base de cette famille.

Côté costume, les déguisements Joker et les déguisements Harley Quinn couvrent l'essentiel, et la collection des costumes Batman complète pour qui veut l'autre camp. Les idées cadeaux rassemblent les valeurs sûres, et le guide des produits dérivés explique comment composer un ensemble qui se tient.

Un mot sur la mise en scene, parce qu'elle compte autant que le choix des pieces. Un vilain pose seul sur une etagere ne raconte rien ; place face a un heros, il cree une scene, et le regard du visiteur suit immediatement l'opposition. C'est la facon la plus simple de donner de la vie a un rayon sans acheter davantage : deplacer plutot qu'ajouter.

Le bon réflexe

Une vitrine de vilains se compose par silhouettes contrastées, pas par popularité. Trois profils très différents valent mieux que cinq variantes du même personnage.

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Questions fréquentes sur Ratcatcher

Qui est Ratcatcher dans les comics ?

Otis Flannegan, un ancien dératiseur du service d'assainissement de Gotham. Il apparaît dans Detective Comics #585, en avril 1988, créé par Alan Grant, John Wagner et Norm Breyfogle.

Comment est-il devenu criminel ?

Après avoir tué un homme au couteau dans une rixe, il est condamné à dix ans de prison. À sa sortie, il enlève les quatre responsables de son arrestation et les retient cinq ans dans les égouts.

Quels sont ses pouvoirs ?

Il contrôle une armée de rats d'égout, manie des gaz au cyanure et utilise un pistolet à gaz. Rien de surnaturel : ce sont des compétences professionnelles détournées.

Est-ce le personnage du film The Suicide Squad ?

Non. Le film de 2021 met en avant Ratcatcher 2, de son vrai nom Cleo Cazo, un personnage créé pour le film et interprété par Daniela Melchior. Taika Waititi y joue le premier Ratcatcher, son père.

Qui est Daniela Melchior ?

Une actrice portugaise née le 1er novembre 1996. The Suicide Squad est son premier film en anglais.

Un employé municipal qui garde son savoir-faire en changeant de camp, puis une fille inventée pour le cinéma qui hérite du même pouvoir avec une fonction opposée : deux personnages, un seul nom, et une confusion qui vaut la peine d'être levée.

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