Batman : Failsafe (2022), la machine que Bruce Wayne a construite contre lui-même

Batman : Failsafe (2022), la machine que Bruce Wayne a construite contre lui-même

La réponse en bref

« Failsafe » est l'arc qui ouvre la série Batman de Chip Zdarsky, dans les numéros 125 à 130 parus en 2022, dessinés par Jorge Jiménez. Batman y est accusé de la mort du Pingouin, et un protocole conçu par Bruce Wayne lui-même se déclenche : Failsafe connaît ses gestes, ses faiblesses et celles de ses alliés.

Ce que raconte « Failsafe », et où l'arc commence

Le numéro 125 est le premier de Chip Zdarsky sur la série, et il ne prend pas de détour. Le Pingouin s'en prend aux fortunes de Gotham, puis se donne la mort d'une manière qui fait porter le soupçon sur Batman. L'accusation suffit à réveiller quelque chose que personne n'attendait : un protocole de secours, resté en veille, qui considère désormais que le Chevalier Noir a franchi la ligne. Le portrait du vilain est détaillé dans notre article sur Oswald Cobblepot.

L'arc court jusqu'au numéro 130 et se lit d'une traite dans le recueil qui porte son nom. Pour situer cette période au milieu des autres, la chronologie des comics Batman par ère remet chaque saga à sa place.

Le point clé

Failsafe n'est pas un ennemi venu de l'extérieur : c'est une sécurité que Bruce Wayne a lui-même mise en place, au cas où il deviendrait le problème. L'arc part donc d'une question simple et désagréable : que se passe-t-il le jour où cette sécurité se met en marche ?

Zdarsky arrive, et il commence par retirer le sol

Un scénariste qui prend la série Batman a deux options : consolider ce qu'il trouve, ou déplacer le problème. Chip Zdarsky choisit la seconde, et il le fait dès son premier numéro. Plutôt que d'opposer au personnage un adversaire de plus, il lui oppose une décision ancienne, prise par prudence, et devenue incontrôlable.

Ce choix situe l'arc dans une famille précise de récits : ceux qui démontent le héros au lieu de le mettre à l'épreuve. Death of the Family s'attaquait à son entourage, Batman R.I.P. à son esprit. Failsafe, lui, s'attaque à sa prévoyance, c'est-à-dire à ce qui lui tient lieu de superpouvoir.

Le décor reste le même, et c'est important. Gotham n'est pas un simple arrière-plan pour ce type d'histoire : la ville décrite dans notre article sur la cité maudite produit elle-même les conditions du soupçon, parce qu'on y croit toujours le pire, et vite.

Ce qui change

Le premier numéro d'un nouveau scénariste sert d'habitude à présenter une menace. Celui-ci sert à révéler une décision : Batman avait prévu le jour où il faudrait l'arrêter, et ce jour arrive sans qu'il l'ait choisi.

Le piège du Pingouin : une accusation vaut une preuve

Ce qui déclenche tout n'est pas un crime, c'est une apparence de crime. En choisissant sa propre mort comme dernier coup, le Pingouin transforme Batman en suspect, et cette bascule suffit. Aucun tribunal n'a tranché, aucune enquête n'a conclu : le protocole, lui, n'attend pas de jugement.

La mécanique rappelle une constante de Gotham : la réputation du justicier tient à un fil, et elle se coupe vite. C'est le sujet de fond de la règle que Batman ne franchit pas, celle qui sépare un héros toléré d'un homme recherché.

Il faut mesurer ce que cette bascule coûte au personnage. Batman travaille depuis toujours dans une zone grise : toléré par une partie de la police, utilisé par elle, jamais officiellement reconnu. L'équilibre tient tant que personne n'a intérêt à le rompre. Le Pingouin, en mourant, offre ce prétexte gratuitement, et c'est probablement son coup le plus efficace : il n'a plus besoin d'être là pour que le piège fonctionne.

Pour l'homme qui porte le costume, la difficulté est double. Il doit à la fois échapper à une machine conçue pour le prévoir et prouver une innocence que personne ne lui demande de prouver, puisque aucun procès n'est ouvert. L'allié habituel au GCPD ne peut pas grand-chose contre un protocole qui n'a ni hiérarchie ni dossier.

Idées reçues

  • Failsafe serait un robot envoyé par un ennemi. Il vient de Bruce Wayne, pas d'un adversaire extérieur.
  • Batman aurait vraiment tué le Pingouin. Le Pingouin se donne la mort de façon à faire accuser Batman.
  • L'arc se lirait sans rien connaître. Il ouvre une nouvelle série : l'entrée est facile, la résonance vient du reste.
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Une machine née dans la tête de Bruce Wayne

La force du dispositif tient à son origine. Failsafe connaît les gestes de Batman parce qu'il a été pensé par celui qui les exécute. Il connaît aussi les faiblesses de ses alliés, ce qui prive le Chevalier Noir de sa ressource habituelle : l'entourage. Les membres de cette famille sont recensés dans notre guide de la Batfamily, et chacun devient ici une donnée du problème.

Cette idée de prévoir sa propre chute n'est pas neuve chez le personnage. Elle traverse sa manière de compenser l'absence de pouvoirs : puisque rien ne le protège, tout doit être anticipé, y compris lui-même.

Il y a une ironie dans cette configuration. Le personnage s'est construit sur une idée : être prêt avant les autres. Ses réserves, ses plans de secours et son matériel occupent une place centrale dans la Batcave, et cette prévoyance a sauvé Gotham plus d'une fois. Failsafe est cette même prévoyance, retournée.

Ses gestes

Failsafe a été conçu à partir de la façon dont Batman se bat : le prévoir revient à se prévoir soi-même.

Ses alliés

Le protocole intègre aussi les faiblesses de l'entourage, ce qui neutralise la riposte collective.

Sa légitimité

Il se déclenche sur une accusation, pas sur une condamnation : le doute suffit à le mettre en marche.

Zur-En-Arrh, l'autre sécurité que Bruce s'est donnée

En parallèle de l'arc principal, une histoire complémentaire signée Chip Zdarsky et Leonardo Romero raconte l'origine secrète du Batman de Zur-En-Arrh, la première sécurité mentale que Bruce s'est construite. Les lecteurs qui découvrent ce nom trouveront le contexte dans notre article sur Batman R.I.P., où cette personnalité de secours occupe le centre du récit.

Mises côte à côte, les deux idées disent la même chose : le personnage a passé sa vie à préparer des réponses à sa propre défaillance. L'une est logicielle, l'autre est mentale, et aucune des deux n'obéit vraiment.

En clair

Failsafe protège Gotham contre Batman. Zur-En-Arrh protège Batman contre sa propre chute. Le même homme a fabriqué les deux, à des moments différents, et l'arc les fait se répondre.

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Pourquoi cet adversaire fonctionne mieux qu'un vilain de plus

Gotham ne manque pas d'ennemis costumés, et notre guide des ennemis de Batman en fait le tour. Failsafe n'entre dans aucune de ces cases : il n'a ni thème, ni rancune, ni goût de la mise en scène. Il applique une décision prise des années plus tôt.

Cette neutralité le rend difficile à combattre avec les outils habituels. On ne négocie pas avec un protocole, on ne l'intimide pas, et la déduction qui fait sa réputation ne sert à rien face à un adversaire qui n'a rien à cacher.

La comparaison avec un adversaire physique éclaire la différence. Face à un homme qui frappe fort, Batman perd du temps, des côtes, parfois une saison entière, mais il reste dans un registre qu'il maîtrise. Face à un protocole, il n'y a pas de round : il y a une procédure qui se déroule, indifférente à la fatigue de celui qu'elle poursuit.

1
Pas de mobile Rien à comprendre, donc rien à retourner contre lui.
2
Pas de peur L'intimidation, premier outil de Batman, n'a aucune prise.
3
Pas de secret Le plan est public : il exécute ce pour quoi il a été conçu.
4
Pas de fatigue Il attend, ce qu'aucun adversaire humain de Gotham ne sait faire.

Le dénouement, et ce que l'arc laisse derrière lui

La conclusion se joue dans le numéro 130 : Batman et Robin, avec l'aide de Superman, face à Failsafe. Le détail compte, parce qu'il dit l'échelle atteinte par la menace — il a fallu sortir du cadre de Gotham pour en venir à bout. Les acolytes qui se succèdent sous le masque rouge et vert sont listés dans notre panorama de tous les Robin.

Ce que l'arc installe, c'est une méfiance. Après lui, l'idée que Bruce Wayne garde des armes braquées sur les siens n'est plus une hypothèse de lecteur : c'est un fait de continuité, avec lequel les récits suivants doivent composer.

Il faut aussi noter ce que l'arc ne fait pas. Il ne cherche pas à rendre Failsafe sympathique, ne lui invente pas de conscience malheureuse, ne lui donne pas de dernière réplique. C'est une constance de ce type de récit : moins l'adversaire a d'intériorité, plus le poids retombe sur celui qui l'a créé. Le lecteur ne se demande jamais ce que veut Failsafe, il se demande ce que voulait Bruce Wayne le jour où il l'a conçu.

L'arc en quelques repères

Premier numéroBatman #125
Dernier numéroBatman #130
Année de parution2022
ScénarioChip Zdarsky
DessinJorge Jiménez
À lire d'une traitele recueil « Failsafe »
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Par quoi enchaîner après « Failsafe »

Un lecteur qui sort de cet arc cherche en général la même chose : un récit où le personnage est mis en difficulté autrement que par les poings. Knightfall reste la référence de la rupture physique, et City of Bane celle de la défaite politique, quand Gotham change de mains.

Pour prendre du recul sur l'homme plutôt que sur la saga, notre dossier sur Bruce Wayne suit le milliardaire, ses décisions et ses angles morts. Et le panorama des personnages permet de replacer chaque allié cité ici.

Il existe une troisième porte, plus indirecte. Les récits où le Chevalier Noir affronte des adversaires qui le dépassent en puissance posent la même question que Failsafe, mais par l'autre bout : comment un homme sans pouvoir garde-t-il l'avantage ? sa place au sein de la Justice League tient à cette réponse, et elle repose exactement sur la préparation que cet arc retourne contre lui. Lire les deux à la suite éclaire le personnage mieux qu'un long commentaire.

À retenir

« Failsafe » n'est pas un arc d'action : c'est un arc de conséquence. Il prend au sérieux une habitude du personnage — tout prévoir, y compris sa propre chute — et la retourne contre lui pendant six numéros.

Enfin, cet arc rappelle une évidence que les décennies ont rendue confortable : le personnage vit entouré d'armes tournées vers ses proches, et il en est l'auteur. Les récits qui suivent peuvent l'ignorer, ils ne peuvent plus le contredire. C'est une addition discrète au dossier du Chevalier Noir, et elle pèse plus lourd qu'une victoire de plus.

Prolonger la lecture chez soi

Un arc de six numéros se prolonge surtout par l'objet posé à côté du fauteuil. Les figurines Batman couvrent la vitrine, les masques la pièce d'exposition, et les posters le mur qui fait face.

Pour le quotidien, un mug, une coque de téléphone ou un porte-clés suffisent à installer l'univers sans transformer la pièce. Les miniatures Hot Wheels et les sets LEGO Batman s'adressent à ceux qui préfèrent construire. Le guide des produits dérivés explique comment monter une collection cohérente, et les idées cadeaux rassemblent les valeurs sûres.

Un dernier repère pour choisir : dans cet arc, ce qui marque n'est pas la silhouette du héros mais celle de la machine. Les acheteurs qui sortent d'une telle lecture se tournent souvent vers les pièces sombres et métalliques plutôt que vers les visuels colorés, et c'est un bon guide quand on hésite entre deux modèles.

Le bon ordre

Un premier objet de poche, puis une pièce murale, puis une figurine : la progression coûte moins cher et donne un ensemble qui se tient, plutôt qu'une accumulation d'achats isolés.

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Questions fréquentes sur « Failsafe »

Dans quels numéros se lit l'arc ?

Dans les numéros 125 à 130 de la série Batman, parus en 2022. Le recueil « Failsafe » les réunit, ce qui reste la façon la plus simple de découvrir l'arc d'une traite.

Qui a écrit et dessiné « Failsafe » ?

Chip Zdarsky au scénario, Jorge Jiménez au dessin, avec Belén Ortega et Leonardo Romero. Le numéro 125 marque l'arrivée de Zdarsky sur la série.

Qui a créé Failsafe ?

Bruce Wayne lui-même. Le protocole est né dans son esprit comme sécurité au cas où Batman franchirait la ligne, et c'est précisément ce qui le rend si difficile à arrêter : il connaît ses gestes et ceux de ses alliés.

Faut-il avoir lu autre chose avant ?

Non. L'arc ouvre une nouvelle série et s'adresse aux nouveaux lecteurs. Connaître le Batman de Zur-En-Arrh rend l'histoire complémentaire plus parlante, mais ce n'est pas nécessaire.

Failsafe revient-il après l'arc ?

Le dossier de faits réuni pour cet article s'arrête au dénouement du numéro 130 : Batman et Robin, aidés de Superman, face au protocole. Ce qui advient ensuite du dispositif relève des récits suivants, et mieux vaut le lire que se le faire raconter.

Six numéros, un adversaire sans visage et une idée simple : le pire ennemi de Batman, cette fois, c'est une décision qu'il a prise lui-même. C'est ce qui rend « Failsafe » différent d'un affrontement de plus.

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